Entorse de la cheville chez l'enfant
L'entorse de la cheville est une lésion des ligaments qui stabilisent l'articulation, généralement provoquée par une torsion brutale du pied. Chez l'enfant, il est important de la distinguer d'une lésion de l'os ou du cartilage de croissance. La plupart guérissent avec un traitement adapté et une récupération progressive, mais les entorses répétées ou la sensation que la cheville lâche nécessitent un avis spécialisé.
- Aussi appelé
- Torsion de la cheville · Entorse latérale de la cheville · Instabilité chronique de la cheville · Entorse à répétition
Qu’est-ce que c’est ?
La cheville est stabilisée par plusieurs ligaments qui relient les os et limitent les mouvements excessifs. L’entorse survient lorsque le pied tourne au-delà de son amplitude normale et que ces ligaments sont étirés ou partiellement rompus. La plupart des entorses touchent les ligaments de la face externe de la cheville et surviennent habituellement lorsque le pied se tord vers l’intérieur.
C’est une blessure fréquente chez les enfants et les adolescents qui pratiquent le football, le basket-ball, le handball ou l’athlétisme. Elle peut aussi survenir en courant sur un terrain irrégulier, en sautant ou en tombant. La gravité va d’une simple distension à une rupture importante des ligaments.
Chez l’enfant, le diagnostic demande une attention particulière, car les ligaments peuvent être relativement résistants par rapport à certaines zones de l’os encore en croissance. Une lésion qui ressemble à une entorse peut donc être en réalité une fracture ou une atteinte du cartilage de croissance. La douleur localisée sur l’os, la difficulté à poser le pied et l’évolution des symptômes aident à orienter le diagnostic.
La plupart des entorses guérissent sans chirurgie. Certains enfants présentent cependant des épisodes répétés, une sensation d’instabilité ou de nouvelles entorses à la reprise du sport. Dans ces cas, il est important d’étudier non seulement les ligaments, mais aussi la structure du pied, la force musculaire et le contrôle de l’équilibre. Des anomalies comme le pied creux varus ou une coalition tarsienne peuvent favoriser les entorses à répétition.
Signes que les parents peuvent remarquer
Les symptômes les plus fréquents sont :
- Douleur à la cheville après une torsion ou une chute.
- Gonflement autour de l’articulation, surtout sur la face externe.
- Apparition d’un hématome dans les heures suivant la blessure.
- Difficulté à poser le pied, à marcher ou à monter les escaliers.
- Douleur en bougeant la cheville ou en appuyant sur la zone blessée.
- Sensation d’insécurité à la marche ou à la course.
- Entorses répétées ou sensation que la cheville se dérobe facilement.
L’intensité de la douleur ou du gonflement ne permet pas, à elle seule, de juger de la gravité de la lésion. Si l’enfant ne peut pas poser le pied ou a une douleur localisée sur l’os, il est important d’écarter une lésion osseuse.
Quand consulter
Il est conseillé de demander un avis médical lorsque la douleur ou le gonflement sont importants, que l’enfant a du mal à marcher ou que les symptômes ne s’améliorent pas progressivement.
Consultez en particulier si :
- L’enfant ne peut pas faire quelques pas en appui sur le pied.
- Il existe une douleur très localisée sur les os de la cheville ou à la base du cinquième métatarsien.
- Le gonflement est important ou un hématome étendu apparaît.
- La douleur persiste ou la récupération est plus lente que prévu.
- Les entorses se répètent ou l’enfant dit que sa cheville lâche.
- Il existe une douleur profonde dans l’articulation, un blocage ou des craquements douloureux.
Quand est-ce urgent ?
Une évaluation urgente est nécessaire en cas de déformation, de plaie ouverte, de douleur intense et incontrôlable, ou si le pied est froid, pâle, bleuté ou insensible.
Comment est-elle diagnostiquée ?
Le diagnostic commence par le récit de la blessure et un examen clinique attentif. Le spécialiste demande comment la torsion s’est produite, où l’enfant a mal, s’il peut poser le pied et s’il y a eu des épisodes antérieurs.
L’examen évalue le gonflement, les points douloureux, la stabilité des ligaments et la mobilité de la cheville. Le pied et la marche sont aussi examinés, surtout en cas d’antécédents d’entorses répétées.
Quand faut-il des examens d’imagerie ?
- Radiographies : elles sont demandées lorsque l’examen fait suspecter une fracture ou une lésion du cartilage de croissance. Les critères de décision doivent être adaptés à l’âge de l’enfant et aux constatations cliniques.
- Échographie : elle peut aider à étudier certains ligaments et tissus mous, selon l’expérience de l’équipe.
- IRM : elle est réservée à certains cas, comme une douleur persistante, une suspicion de lésion ostéochondrale de l’astragale, une lésion ligamentaire importante ou des symptômes non expliqués par les radiographies.
- Scanner : il peut être utile lorsqu’on suspecte certaines lésions osseuses ou une coalition tarsienne et qu’il faut mieux préciser l’anatomie.
En cas d’entorses à répétition, l’évaluation doit aller au-delà des ligaments. Il est important d’étudier l’alignement de l’arrière-pied, la forme de la voûte plantaire et la mobilité des articulations du pied pour écarter des facteurs favorisants comme le pied creux varus ou les coalitions tarsiennes.
Traitement
Traitement conservateur
La plupart des entorses de la cheville chez l’enfant se traitent sans chirurgie. L’objectif est de contrôler la douleur et l’inflammation, de retrouver la mobilité et la force et d’éviter de nouvelles blessures.
1. Protection et adaptation de l’activité
Pendant les premiers jours, il est conseillé d’éviter les activités qui augmentent la douleur. Une chevillière, une attelle ou des béquilles peuvent être nécessaires temporairement, selon la gravité de la lésion.
2. Froid local et surélévation
L’application de froid, protégé par un tissu, pendant environ 15 à 20 minutes peut soulager la douleur. Surélever le pied pendant les périodes de repos aide à réduire le gonflement. La glace ne doit jamais être appliquée directement sur la peau.
3. Reprise progressive de l’appui
Pour les entorses légères et modérées, on recommande généralement de reprendre l’appui progressivement selon la tolérance à la douleur. Si l’enfant ne peut pas poser le pied, il faut écarter une lésion osseuse avant d’insister sur l’appui.
4. Kinésithérapie et rééducation
La récupération ne consiste pas seulement à attendre que la douleur disparaisse. Les exercices de mobilité, de renforcement et d’équilibre aident à retrouver la fonction de la cheville et à réduire le risque de nouvelles entorses.
La rééducation peut comprendre :
- La récupération de la mobilité de la cheville.
- Le renforcement des muscles qui stabilisent le pied et la cheville.
- Des exercices d’équilibre et de proprioception.
- Un entraînement progressif à la course, aux sauts et aux changements de direction.
5. Prévention de nouvelles entorses
En cas d’antécédents d’entorses répétées, il peut être utile de porter une chevillière pendant certaines activités sportives et de poursuivre un programme d’exercices d’équilibre et de renforcement.
La prévention passe aussi par la recherche de causes structurelles. Un enfant présentant un pied creux varus, un pied raide ou une suspicion de coalition tarsienne peut avoir besoin d’un bilan spécifique et d’un traitement ciblé sur l’anomalie sous-jacente.
Traitement chirurgical
La chirurgie est rare après une première entorse et est réservée à certaines situations.
Elle peut être envisagée en cas d’instabilité chronique persistant malgré une rééducation bien conduite, en particulier lorsque des épisodes répétés limitent l’activité sportive et qu’une lésion ligamentaire significative est confirmée.
Selon le cas, une réparation ou une reconstruction des ligaments latéraux de la cheville peut être réalisée. Si une anomalie structurelle associée est identifiée, comme certaines déformations de l’arrière-pied ou une coalition tarsienne symptomatique, il peut être nécessaire de la traiter également.
L’intervention se fait habituellement sous anesthésie et peut être réalisée en ambulatoire ou nécessiter une courte hospitalisation. Ensuite, une protection temporaire est mise en place et une rééducation progressive commence. La technique, la durée d’immobilisation et la reprise de l’appui dépendent de la lésion et du geste réalisé.
Évolution et récupération
La plupart des enfants évoluent favorablement. La durée de récupération dépend de la gravité de l’entorse, de l’âge, des lésions associées et de la qualité de la rééducation.
À titre indicatif :
- Les 2 à 3 premiers jours : protection de la cheville, contrôle de la douleur et du gonflement et adaptation de l’appui.
- Première et deuxième semaines : récupération progressive de la marche et de la mobilité dans les entorses légères, selon les symptômes.
- Entre 2 et 6 semaines : beaucoup d’entorses légères ou modérées retrouvent progressivement leur fonction. Les lésions graves peuvent demander plus de temps.
- Retour à l’école : généralement possible rapidement, en adaptant les déplacements et l’activité physique si la douleur ou le gonflement persistent.
- Reprise du sport : elle doit attendre que l’enfant ait retrouvé une mobilité fonctionnelle, de la force, de l’équilibre et la capacité de courir, sauter et changer de direction sans douleur ni sensation d’instabilité.
En cas de lésion importante, une immobilisation de durée limitée peut être nécessaire. Toutes les entorses ne nécessitent pas de plâtre, et la durée de protection doit être adaptée au type de lésion.
La reprise du sport ne doit pas se fonder uniquement sur le temps écoulé. Si la douleur, la boiterie ou la sensation que la cheville lâche persistent, l’enfant doit être réévalué avant de reprendre une activité complète.
Les entorses à répétition méritent une attention particulière : un diagnostic correct, la rééducation et la recherche d’anomalies structurelles aident à réduire le risque de nouvelles blessures et d’instabilité chronique.
Les informations de cette page sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un spécialiste. Si le pied de votre enfant vous inquiète, prenez rendez-vous avec moi.